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15 août année 0

Quand j’étais plus jeune, le 15 août était une date clé dans le calendrier. Elle annonçait la fin imminente des grandes vacances et la proximité de la rentrée scolaire. C’était le moment d’acheter les fournitures et de se préparer à reprendre les « bonnes » habitudes bousculées par deux mois de grasses matinées et d’après-midi sur la plage avec les cousins/cousines. Plus tard, le 15 août marquait pour moi le point de bascule de l’été, l’arrivée des orages, des nuits plus fraîches. Mais avec le changement climatique, je ne suis plus sûr de rien… A Nice, il est possible que le mercure faiblisse la semaine prochaine d’après les experts de Météo-France. Vivement.

Nul doute que l’été 2026 va faire l’objet de nombreuses études dans les prochains mois. Les canicules successives et la sécheresse historique qui sévissent en Europe occidentale sont inédites, à la fois en durée et en périmètre géographique. Jamais autant de cours d’eau n’ont connu des niveaux aussi bas. Les sols sont secs et durs comme de la pierre, il n’y a plus un brin d’herbe, même les vaches maigrissent. Les récoltes sont durement touchées, notamment les céréales et la vigne. Les élevages ont subi des pertes colossales. La panique et la colère s’installent, y compris dans la population générale. C’est la sidération. Nous prenons conscience du calvaire qui nous attend dans les années à venir tout en ne parvenant pas à imaginer changer de mode de vie.

Au printemps prochain, à l’heure d’élire un nouveau gouvernement pour la France, nous aurons les yeux rivés sur les cartes des prévisionnistes en redoutant la première vague de chaleur de 2027. Nous attendrons désormais les vacances d’été avec un sentiment mitigé de crainte, d’impatience et de résignation. Va-t-on subir le même cauchemar que l’été dernier ? Dans quelles conditions les jeunes passeront-ils leurs examens scolaires ? Combien de morts supplémentaires ?

Je crois qu’après cet été 2026, nous ne pourrons pas revenir à l’état d’esprit qui prévalait encore il y a trois mois. Maintenant, nous savons. Le pétrole, le gaz, l’avion à gogo, le tout-bagnole, la surconsommation, le tourisme débridé, tout ça va devenir une source de conflit, d’inquiétude, d’opposition, aussi bien en politique que dans la société. J’imagine mal que la campagne des présidentielles puisse éluder tous ces sujets. Parce qu’ils sont aujourd’hui plus prégnants que ceux de la dette ou de l’emploi. Le candidat ou la candidate qui fera semblant de ne pas avoir compris l’urgence sera rapidement mis(e) hors circuit.

Mais peut-être que je me trompe. Qu’il suffira que les températures redescendent et que la pluie revienne pour qu’on oublie, ou du moins qu’on relativise. On s’équipera alors massivement de climatiseurs et on ira voter RN pour en finir avec l’immigration et le « grand remplacement ». Peut-être qu’on est con à ce point-là.