Fournaise
Plus de 2000 hectares de forêt sont partis en fumée à Fontainebleau, plus de 30.000 dans tout le pays. Des températures records sont enregistrées dans des zones inattendues comme le Bordelais ou les Hauts de France.
Et la panique commence à se manifester dans les grandes villes où l’air est devenu irrespirable à cause de la pollution et les appartements invivables y compris la nuit. Ce que les experts du GIEC annoncent depuis trente ans est en train de se produire, et plus vite qu’ils ne l’avaient anticipé. Qu’en sera-t-il l’année prochaine ? En 2030 ? En 2050 ? Des étés à 50°C à Paris ?
Au-delà des frontières françaises, la chaleur écrasante s’abat sur de nombreux pays, sur presque tous les continents. Les occidentaux vont devoir s’adapter à un climat pour lequel ils ne sont pas préparés. Si la seule réponse à la fournaise consiste à déployer massivement la climatisation, nous ne ferons qu’accélérer le processus.
Avons-nous des réseaux électriques assez robustes pour résister à des canicules de plusieurs semaines ? A constater le nombre de coupures d’électricité enregistrées en juin en France, on peut sérieusement en douter.
Allons-nous continuer à vivre, à bosser, à consommer comme nous le faisons depuis les années 1970 ? Se peut-il que nous restions murés dans le déni de la situation ? L’avenir de l’humanité (et non celui de la planète) va se jouer dans la décennie qui vient. Si nous ne changeons pas fondamentalement de paradigme, notamment sur le plan économique, nous en crèverons à petit feu. Parce qu’une fois l’été passé, nous subirons d’autres aléas climatiques d’une violence équivalente : orages destructeurs, pluies diluviennes, tempêtes et cyclones, nous ne connaîtrons que peu de périodes de répit.
Comment ne pas se sentir submergé par un sentiment d’impuissance ?
Ne plus prendre l’avion, ne plus manger de viande, ne plus acheter des produits à la con fabriqués à l’autre bout du monde, ne plus remplacer un appareil tant qu’il fonctionne, ne plus entasser les fringues, les chaussures, les bidules connectés, est-ce que ce sera suffisant ? Qui est prêt à renoncer à son confort, à l’abondance, à la facilité ? Qui acceptera de voter pour des candidats qui proposent un tel programme de restrictions ? Pas grand-monde. Alors, que faire ?
Je suis passé au laboratoire d’analyses pour faire mon bilan sanguin annuel. Les données sont plutôt bonnes : reins, foie et thyroïde fonctionnent bien, la glycémie est normale, le bon cholestérol (HDL) est dans une fourchette haute. Tension à 12-7. J’aborde la cinquantaine serein, au moins sur le plan physiologique. Pour le reste, et au vu de l’actualité, la Sertraline demeure.