IA aïe aïe
Je ne sais plus quoi penser de l’IA. Tous les jours, nous sommes bombardés d’articles et d’émissions qui disent tout et son contraire. Tantôt présentée comme une révolution aux multiples bienfaits, ouvrant la voie à des progrès inédits pour l’humanité, l’intelligence artificielle est également décriée pour les conséquences dramatiques qu’elle est susceptible d’engendrer, notamment sur le plan social.
Des millions d’emplois seront probablement supprimés par cette technologie qui n’en créera pas autant qu’elle en détruira. Et aucune entreprise ne refusera de mettre en oeuvre une innovation permettant de réduire ses coûts de production et de fonctionnement de façon aussi drastique. Le capitalisme n’en attendait pas tant. Car l’IA ne supprimera pas le travail des ouvriers mais celui des cadres, des créatifs, des ingénieurs, ceux-là même qui coûtent le plus cher aux employeurs. Mais que va-t-on faire de toute cette matière grise réduite au chômage ? Qui achètera les produits et les services à forte valeur ajoutée, créés à grands coups d’algorithmes, si plus personne n’a les moyens de se les offrir ?
En même temps, comment ne pas rêver à des IA qui pourraient « réfléchir » sur les grands maux de notre monde : maladies graves, épidémies, conflits, crises économiques, changement climatique, etc. La puissance et la capacité d’analyse de cette technologie ne nous autorisent-elles pas à envisager un autre futur pour la planète et pour ses habitants ?
Plus je réfléchis à ce sujet, plus j’ai envie de me réfugier dans les choses simples. La musique, les livres, l’écriture, le temps libre. Est-ce que toutes ces machines pensantes ne sont pas en train de nous voler notre humanité ? Le nez collé aux écrans, que sommes-nous devenus ? Quand nous auront confié à des algorithmes notre créativité, notre imagination et notre capacité à résoudre des problèmes, que nous restera-t-il ? Avons-nous envie de lire des livres écrits par Claude AI ? D’écouter de la musique composée par Gemini ? De visiter des expos dans lesquelles les oeuvres auront été créées par Perplexity ou ChatGPT ?
Peut-être que je m’inquiète pour rien. Mais quand le patron d’Anthropic lui-même invite le monde à faire une pause dans la course aux IA et à réfléchir aux usages que nous en faisons, j’ai quand même l’impression que nous n’avons pas pris la mesure de ce qui nous attend. Que faire en attendant ?
J’ai terminé la lecture de Mungo de Douglas Stuart. J’ai adoré, même si le récit est parfois difficilement supportable. Le personnage est tellement humain, gentil et doux qu’on ne peut que s’attacher à lui. Et c’est ce qui rend son « aventure » et son destin aussi tragiques. Jeune homosexuel de 16 ans dans le Glasgow des années 1990, il va endurer la haine, la violence, la bêtise, l’intolérance et l’hypocrisie de ses concitoyens jusque dans sa chair. Glaçant et rassurant à la fois.
Je pars à Paris la semaine prochaine pour le boulot. En général, ces jours passés loin de mes routines quotidiennes sont salutaires. J’espère maîtriser mes humeurs et ne pas paraître trop froid ou trop distant. Je serai moins seul en tout cas.