Mes carnets
Je pense l’avoir déjà dit sur ce blog, je suis un grand collectionneur de carnets : j’écris pratiquement tous les jours, à la plume, sur du papier. Mais pas n’importe quel papier. J’en teste régulièrement de nouveaux, à la recherche du candidat idéal. En ce mois d’août 2026, voici la sélection de mes carnets préférés.
Midori MD Paper (A5, ligné). Probablement le carnet le plus simple et « honnête » que j'aie jamais eu entre les mains. Pas de fioriture, pas de marque-page en satin, pas de pochette intérieure pour y glisser des tickets de caisse et des post-its orphelins. Ici, le minimalisme joue à plein. Une couverture ivoire légèrement cartonnée, sobre (limite austère), sans logo visible, juste un discret cachet au dos pour ceux qui savent. À l'intérieur, 176 pages d'un papier japonais crème de 80 grammes qui accueille l'encre des plumes avec une tenue remarquable : pas de bavure, pas d’encre qui traverse la page (bleeding), pas d’effet fantôme (ghosting) au verso. Le séchage est rapide, le rendu des couleurs excellent. La reliure cousue permet au carnet de s'ouvrir à plat afin de ne pas gêner la main. Livré avec des étiquettes d’identification, couverture rigide disponible séparément.
Bindewerk (Contemporary, A5, ligné). Voici un carnet allemand fabriqué à la main en Bavière, ce qui, dans un monde de carnets produits en série dans des usines anonymes, mérite déjà qu'on s'y attarde. La couverture en toile cartonnée — disponible en plusieurs coloris sobres, j'ai opté pour le noir — respire la solidité et la qualité « germaniques ». A l’intérieur, le papier est à l’opposé du Midori : rugueux, épais, légèrement plus blanc, il « croustille » dès qu’on tourne les pages encore vierges et contribue à enrichir l’expérience avant même de commencer à écrire. Les encres fluides sont capturées sans baver, le ghosting est quasi inexistant, le séchage rapide, les couleurs sublimées. La reliure cousue à la main s'ouvre à plat pour un maximum de confort. C'est un carnet qui a une personnalité, qui assume ce qu'il est sans fausse modestie. Là où le MD Paper se montre subtil, discret, raffiné, le Bindewerk s'impose comme un objet lourd, robuste, presque « tout-terrain ».
Le Papier fait de la résistance (Toile du Marais, A5, ligné). Un carnet écoresponsable, fabriqué en France avec amour à partir d’un papier aussi généreux qu’italien (Arena Natural 100 grammes certifié FSC). Dans un monde où tout est manufacturé à l'autre bout de la planète dans des conditions environnementales et humaines apocalyptiques, c'est une caractéristique qui mérite d'être saluée. La couverture en toile de coton offre un toucher tissé et chaleureux, agréable, qui vieillit bien à condition de lui épargner les mains sales. Original jusque dans les moindres détails, les pages de ce carnet sont numérotées à l’envers (de 128 à 1) et certaines d’entre elles comportent des citations d’auteurs célèbres. Deux bémols toutefois pour ma part : la reliure très rigide qui empêche le carnet de s’ouvrir à plat (il se referme tout seul) et le format « A5 » escamoté dont les pages manquent un peu de largeur.
De Kempen (couleur Sunset, ligné, grand format 17 x 22 cm). Bonne surprise que ce modèle belge fabriqué par Brepols, imprimeur historique de Turnhout, dont les archives remontent au XVIIIe siècle. Il porte discrètement cette filiation dans ses détails : des coins intentionnellement coupés à droite, clin d'œil aux coins renforcés des missels que Brepols imprimait autrefois, et des pages de garde en papier marbré reproduit à partir d'originaux conservés au Musée national de la carte à jouer. On n'attendait pas tant de culture dans un carnet de notes. Le papier FSC 90 grammes, crème, lisse et légèrement absorbant, se comporte remarquablement bien avec les plumes, sans ghosting excessif. La couverture souple offre un toucher « cuir » qui donne envie de glisser ce carnet dans un sac élégant ou de l’exposer sur un bureau.
A une époque pas si lointaine, j’aurais rajouté les carnets Leuchtturm1917 à cette liste mais, depuis quelques temps, je trouve que la qualité de leur papier a subi une baisse sensible (trop fin, ghosting marqué, bleeding) alors que leur prix a sévèrement décollé. Ils feraient bien de corriger le tir avant de finir comme Moleskine : des papiers de merde vendus à prix d’or à grand renfort de marketing.
Si vous êtes amateurs de beaux papiers et que vous avez d’autres modèles de carnets à me suggérer, envoyez-moi un message. Merci d’avance !